

jazzitutti finit sa présence à Jazz à Vienne ce soir par "Le Club" ex Club de Minuit, l'after.... le lieu des découvertes authentiques proche des musiciens-nes- qui sont programmés-es- dans cette magnifique salle non climatisée.... et ce soir .......
Lila-May, la maturité d'une voix, la jeunesse d'un regard
À dix-huit ans seulement, Lila-May possède déjà ce que beaucoup d'artistes mettent des années à construire : une identité vocale. Dès les premières notes, sa voix grave, chaude et légèrement voilée surprend par sa profondeur. Elle ne cherche ni l'effet ni la démonstration. Elle raconte.
Lorsque la jeune chanteuse apparaît sur scène, le contraste est saisissant. Sa robe noire constellée de petits pois blancs, ses ballerines et sa longue chevelure sombre lui donnent une allure intemporelle, presque rétro. Une élégance discrète qui rappelle certaines silhouettes des années soixante, loin des codes souvent spectaculaires de la pop actuelle.
Mais derrière cette apparente douceur se cache une interprète intensément habitée. Chaque chanson semble vécue de l'intérieur. Son regard se baisse souvent, comme si elle dialoguait davantage avec les émotions qu'avec le public. Certains pourront regretter qu'elle ne cherche pas plus souvent le contact par un sourire ou un échange spontané. Pourtant, cette réserve paraît moins relever d'une distance que d'une concentration absolue, compréhensible pour une artiste qui découvre encore les grandes scènes.
Entourée de musiciens particulièrement attentifs, elle laisse respirer les arrangements et privilégie toujours l'écoute collective. Rien n'est forcé. Chacun trouve sa place, au service de chansons où la musicalité prime sur l'effet.


On perçoit déjà chez cette très jeune artiste une culture musicale nourrie de soul, de pop et de jazz. Ces influences enrichissent son interprétation sans jamais donner le sentiment d'une imitation. Son timbre et son phrasé lui appartiennent déjà, et c'est sans doute là sa plus grande qualité.
Bien sûr, tout n'est pas encore parfaitement installé. À dix-huit ans, il lui reste à gagner en aisance dans la relation avec le public, à laisser davantage transparaître le plaisir qu'elle éprouve manifestement à chanter. Cette évolution viendra probablement avec l'expérience des concerts.
Mais l'essentiel est déjà là.
Une voix immédiatement reconnaissable, une interprétation sincère et une présence discrète qui ne demande qu'à s'épanouir. Lila-May ne cherche pas encore à conquérir la scène ; elle l'habite avec pudeur. Et c'est peut-être cette authenticité, plus que tout le reste, qui donne aujourd'hui à cette jeune chanteuse son pouvoir de séduction.
Mais une chose paraît déjà acquise : derrière cette silhouette discrète se cache une voix qui pourrait durablement marquer la nouvelle scène française.
jazzitutti



extrait du premier concert de Lila-May “Le Club“ Jazz à Vienne
DÉCOUVERTE MUSICALE AUTOUR DE MILES….par JP Boutellier
À l’occasion des 100 ans de la naissance de Miles Davis, la 45ème édition du festival Jazz à Vienne, le Musée d’Histoire de Vienne – église Saint-Pierre accueille l’exposition « Miles Davis, 100 ans d’influence », du 25 juin au 11 juillet 2026, de 14h à 19h.
Coordonné par Pascal Buensoz secrétaire général de Jazz(s)RA.
jazzitutti vous propose de regarder en vidéo un extrait de la séance d’écoute autour de Miles Davis qui dura presque 2 heures........






Extrait en avant-premiere du film de Patrick Savey "MILES" qui sera proposé dans quelques semaines par France 4 Télévision.
Remerciements à Patrick Savey et l'équipe de Jazz(s)RA, Pascal Buensoz.
IMANY
Imany : le concert comme récit ou
quand la colère devient une force de réparation.....
Ce qui frappe d'emblée dans “Women Deserve Rage“, c'est que le spectacle n'est pas construit comme une succession de chansons. Imany imagine un véritable récit dont chaque morceau constitue un chapitre. Les transitions parlées ne servent pas à présenter les titres ou à créer une complicité de circonstance avec le public : elles prolongent le sens des chansons, les éclairent, les interrogent.
Au fil de la soirée, la musique dialogue ainsi avec la parole. Imany s'interrompt, questionne la salle, invite chacun à réfléchir à sa propre relation avec la colère. Elle emprunte parfois les codes du développement personnel ou de la thérapie, avant de s'en amuser elle-même en rappelant avec humour qu'elle n'est « pas la psy de qui que ce soit“ . Cette distance évite tout discours moralisateur et replace l'art là où il doit être :
dans le partage d'une expérience.
Le concert devient alors une narration vivante où les silences ont autant de poids que les notes. Les six musiciens ne se contentent pas d'accompagner la chanteuse ; ils participent pleinement à cette dramaturgie musicale, soulignant les émotions (la trompette et le trombone), prolongeant les mots (les guitares) ou laissant respirer les instants d'introspection.
En choisissant cette forme, Imany dépasse le cadre du concert traditionnel. Elle ne cherche pas à convaincre, encore moins à donner des leçons. Elle raconte un cheminement, celui d'une femme qui revendique le droit d'accueillir sa colère non comme une faiblesse ou une menace, mais comme une étape nécessaire vers la liberté. Rarement un spectacle aura autant donné le sentiment que la musique peut aussi être un espace de réflexion, où chaque spectateur est libre d'écrire sa propre conclusion.
jazzitutti







Molly Johnson
Molly Johnson, l'élégance de la confidence plus que l'élan du concert

Drapée dans une longue robe jaune bouton d'or que le vent transformait en voile flottante, Molly Johnson imposait immédiatement une présence élégante et chaleureuse. Entourée d'un trio discret – piano, batterie et contrebasse –, la chanteuse canadienne a choisi de privilégier l'intimité des chansons plutôt que l'éclat des démonstrations instrumentales.À 67 ans, la chanteuse canadienne possède cette assurance tranquille des artistes qui n'ont plus rien à prouver.
Depuis le début de sa carrière, Molly Johnson navigue entre jazz, blues, soul, folk et pop, sans jamais vraiment s'enfermer dans une seule esthétique. Cette liberté se retrouve dans son interprétation, davantage tournée vers le récit que vers la démonstration.
Dès les premières chansons, l'atmosphère se veut intimiste. Chaque texte est porté avec sincérité, chaque silence semble pesé. L'interprétation de Streets of Philadelphia, chanson de Bruce Springsteen qu'elle a souvent reprise, témoigne de cette volonté de privilégier l'émotion brute. Les morceaux de son propre répertoire, comme Lucky, s'inscrivent dans cette même recherche d'une expression simple et directe.
Pourtant, au fil du concert, une impression plus contrastée s'installe. les climats se succèdent sans véritable rupture et les musiciens, pourtant solides, restent souvent cantonnés à un rôle d'accompagnateurs. Le piano dessine avec délicatesse les harmonies, la contrebasse soutient l'ensemble avec précision et la batterie colore subtilement les morceaux,



L'émotion est bien présente, mais elle évolue sur une ligne presque constante. Là où l'on espérait quelques montées d'intensité, des prises de risque ou des respirations plus audacieuses, le spectacle choisit la continuité. Un choix artistique parfaitement assumé, mais qui peut laisser une partie du public à distance.
L'élégance de l'interprète ne fait aucun doute, sa présence scénique reste intacte, mais la musique, elle, semble parfois retenir son souffle au lieu de s'abandonner pleinement.
On quitte ainsi le concert avec le souvenir d'une artiste sincère et raffinée, mais aussi avec l'impression d'être resté, musicalement, un peu sur sa faim.
jazzitutti





Soirée Blues
Samantha Fish : le blues-rock au féminin, entre caresse et déflagration
Quelques secondes suffisent parfois à mesurer la stature d'une artiste. Au Théâtre antique de Vienne, Samantha Fish n'a pas bénéficié d'une entrée en matière idéale. Quelques problèmes de micro et de retours de scène viennent perturber les premiers instants de son concert. Une situation capable de déstabiliser bien des musiciens. Pas elle. Sans un geste d'agacement, avec un calme remarquable, elle poursuit son chemin. La professionnelle prend immédiatement le dessus, et très vite, la musique efface l'incident.
Car Samantha Fish possède cette qualité rare : elle impose sa présence sans jamais forcer le trait. Elle n'a pas besoin de démonstration spectaculaire pour captiver son public. Son assurance, son regard, sa manière d'habiter la scène et de communiquer avec ses musiciens suffisent à installer une véritable autorité musicale.
Difficile d'ailleurs de la résumer à une simple blueswoman. Son univers dépasse largement les frontières du blues traditionnel. Il puise dans le rock, la soul et les musiques américaines (le folk) avec une liberté qui donne à son concert une personnalité singulière.

Puis vient la guitare.
C'est là que Samantha Fish révèle toute l'étendue de son talent. Son jeu repose sur un équilibre fascinant entre deux univers. D'un côté, une sensualité presque troublante. Les notes glissent avec élégance, les vibratos s'étirent, chaque phrase semble respirer. On croit entendre une confidence.

Puis tout bascule.
C'est là que Samantha Fish révèle toute l'étendue de son talent. Son jeu repose sur un équilibre fascinant entre deux univers. D'un côté, une sensualité presque troublante. Les notes glissent avec élégance, les vibratos s'étirent, chaque phrase semble respirer. On croit entendre une confidence.c
En une fraction de seconde, la douceur laisse place à une formidable poussée d'énergie. Les riffs deviennent plus rugueux, les attaques plus franches, les solos explosent avec une puissance rock qui embrase le Théâtre antique. Sans jamais perdre la précision de son toucher, Samantha Fish libère une intensité presque sauvage. Sa guitare ne cherche pas à impressionner : elle raconte, elle rugit, elle vit.
Cette alternance permanente entre tendresse et déflagration constitue la véritable signature de son concert. On passe d'une ballade empreinte de nostalgie à une tempête électrique avec une fluidité déconcertante. Le public se laisse porter par ces contrastes, incapable de prévoir où la musicienne l'emmènera quelques mesures plus loin.
Sa voix suit le même chemin. Tantôt douce et enveloppante, tantôt puissante, elle accompagne naturellement les reliefs d'une musique qui refuse les étiquettes. Chez Samantha Fish, le blues dialogue en permanence avec le rock, sans jamais renier ses racines.
Au fil des morceaux, les petits incidents techniques du début appartiennent déjà au passé. Ne subsiste que l'image d'une artiste profondément investie, entièrement au service de sa musique, dont chaque solo semble prolonger une émotion plutôt qu'une démonstration de virtuosité.





Samantha Fish a rappelé que le blues n'est pas un musée. Entre douceur, sensualité et énergie rock, elle en propose une lecture moderne, libre et intensément vivante. Une musicienne qui ne joue pas seulement de la guitare : elle lui donne une voix, un souffle et une âme.
jazzitutti
Soirée Blues
Il n'a pas seulement donné un concert. Il a pris possession du Théâtre antique de Vienne comme on conquiert un territoire. Chapeau à plume solidement vissé sur la tête, silhouette féline, regard incandescent, Fantastic Negrito entre en scène avec le charisme des très grands showmen américains. Par instants, sa manière d'habiter l'espace rappelle Prince, son sens du spectacle évoque Michael Jackson. Mais très vite, toute comparaison s'efface : il est avant tout lui-même.
Dès les premières mesures, le public comprend qu'il assistera à bien davantage qu'une démonstration musicale. Fantastic Negrito vit chaque chanson. Il parcourt sans cesse la scène, dialogue avec ses musiciens, les provoque, les stimule, les entraîne dans une véritable aventure collective où chaque regard et chaque sourire deviennent partie intégrante du spectacle.
Et puis il y a cette guitare.
Il la manie comme un garçon boucher manierait son couteau dans un abattoir : avec une efficacité implacable, une précision redoutable et un geste devenu instinctif. L'image est brutale, à l'image de son jeu. Chaque riff est découpé avec une virtuosité qui ne laisse jamais place à la démonstration gratuite. C'est beau. C'est net. C'est terriblement efficace.
Son son possède cette rugosité propre au blues moderne, mais il danse aussi. Les notes claquent, rebondissent, transpercent l'air avant de venir frapper le spectateur en plein cœur. Impossible de rester extérieur à cette énergie presque physique. Sa voix dans le narratif de sa musique passe du baryton au soprano…..
Fantastic Negrito, le blues comme un uppercut
Car derrière le showman flamboyant se cache un homme dont la musique est nourrie d'une vie cabossée. Victime d'un grave accident qui faillit mettre un terme à sa carrière, marqué par les difficultés sociales, les épreuves familiales et les combats personnels, Fantastic Negrito transforme ses blessures en matière artistique. Entre deux morceaux, il raconte parfois ces épisodes avec une franchise désarmante, sans jamais chercher à embellir la réalité. Cette sincérité donne à son blues une profondeur rare.
Au Théâtre antique de Vienne, il n'a jamais cessé de faire le lien entre la fête et la douleur, entre la danse et les cicatrices, entre l'exubérance du spectacle et l'intimité du témoignage. Peu d'artistes savent conjuguer avec autant de naturel une telle puissance scénique et une telle authenticité.
À l'heure où tant de concerts se ressemblent, Fantastic Negrito rappelle qu'un grand artiste ne se contente pas de jouer de la musique : il raconte une vie, lui, il joue sa vie.
Et lorsqu'il quitte la scène, ce n'est pas seulement un concert qui s'achève, c'est une histoire que l'on emporte avec soi longtemps après que la dernière note s'est tue. Et, le temps d'une soirée, chacun a eu le sentiment d'en partager un morceau.
jazzitutti











Extraits concerts Soirée Blues
Soirée Blues
Chicago Blues : une soirée où le blues s'est joué avec les tripes
Il est des concerts qui dépassent la simple démonstration musicale. Des soirées où les artistes ne jouent pas le blues, ils le vivent. C'est précisément ce qu'ont offert Stephen Hull à la guitare et Johnny Iguana au piano, Victor Reid à la batterie, Giles Corey à la guitare et voix, Cresenciano Cruz à la basse, Sheryl Youngblood à la voix, dans un concert qui a rappelé pourquoi le Chicago Blues demeure l'une des expressions les plus vibrantes de la musique américaine.




Dès les premiers accords, le ton est donné. Pas d'effets inutiles, pas de virtuosité ostentatoire. Seulement des musiciens habités par leur musique et décidés à raconter une histoire. Une histoire faite de swing, de tension, de respiration et de liberté.Stephen Hull impressionne immédiatement. Sa guitare possède cette élégance rare qui fait les grands musiciens. Son toucher est d'une finesse remarquable, mais capable, l'instant d'après, de devenir incisif, presque rugueux. Sa main droite semble animée d'une vélocité déconcertante. Les notes s'enchaînent avec une fluidité qui paraît défier toute difficulté technique. Pourtant, jamais cette virtuosité ne prend le pas sur l'émotion. Chaque solo est pensé, construit, habité. Une guitare d'une subtilité qui frise parfois l'insolence tant tout paraît simple. Un jeu qui provoque ce frisson physique que connaissent tous les amoureux de musique : celui qui dresse les poils des bras dès qu'une phrase musicale touche juste.
Face à lui, Johnny Iguana fait chanter son piano avec une énergie communicative. Son jeu puise dans le boogie-woogie, le rhythm'n'blues et le blues traditionnel, tout en conservant une modernité et une liberté d'improvisation remarquables. Son toucher est tour à tour percussif, élégant ou explosif. Chaque intervention enrichit le dialogue musical, sans jamais chercher à dominer son partenaire.Ce qui frappe surtout, c'est cette complicité permanente entre les quatres musiciens.Le batteur gardien du temps et de la rythmique, et Gilles Corey à la guitare qui soutient admirablement bien Stephen Hull. Les regards échangés, les sourires esquissés, les réponses improvisées d'un instrument à l'autre donnent le sentiment d'assister à une conversation spontanée où chacun nourrit l'inspiration de l'autre.Le concert monte progressivement en intensité avec l’arrivée de Sheryl Youngblood. Les morceaux s'enchaînent sans temps mort, alternant moments de d'une grande délicatesse et des moments d’une intensité poétique, revendicative, que le public, d'abord attentif, se laisse rapidement gagner par cette énergie sincère. On ne sent plus une scène face à une salle, mais un véritable partage.





Le Chicago Blues trouve ici toute sa noblesse. Héritier des grandes figures de cette école légendaire, il rappelle que cette musique ne se mesure ni au nombre de notes ni au volume sonore, mais à sa capacité à toucher directement les émotions.Au terme du concert, le sentiment est celui d'avoir assisté à un grand concertde blues. Un de ceux où la technique s'efface derrière l'expression, où chaque note semble raconter une histoire et où l'on quitte la salle avec cette sensation rare d'avoir vécu un moment de musique authentique.
jazzitutti
SOIRÉE D'OUVERTURE
La rencontre entre Erik Truffaz et l'Orchestre des Alpes et du Léman promettait un dialogue entre deux univers sonores : la liberté du jazz et la richesse expressive de l'écriture symphonique. Pour cette aventure, Erik Truffaz est entouré de musiciens venus d'horizons variés, parmi lesquels le saxophoniste Stefano Di Battista (comme c'est bizarre), le poète et chanteur Abdullah Miniawy (absolument magnifique dans sa prestation), la pianiste Estrella Besson et le percussionniste Alexis Anerilles, et les élèves d’Annecy-Seynod du dispositif « Orchestre à l’École. Sur le papier, l'idée était séduisante. Dans les faits, “Side by Side“ choisit une voie très particulière, celle de l'épure et de l'introspection.
Dès les premières mesures, Erik Truffaz installe son langage si reconnaissable : une trompette au timbre feutré, des phrases suspendues, une musique qui semble davantage respirer que raconter. Cette esthétique, que le musicien revendique depuis de nombreuses années, privilégie la lenteur, le silence et la retenue. Elle s'inscrit dans une filiation où l'on devine autant le jazz européen que les influences minimalistes revendiquées par le trompettiste. Ce choix artistique est assumé.
Mais cette écriture atteint ici ses limites.
À plusieurs reprises, l'Orchestre des Pays des Alpes et du Léman fait naître un véritable souffle orchestral. Les cordes gagnent en ampleur, les harmonies s'élargissent, la musique semble prête à prendre son envol. On attend alors une réponse du soliste, un dialogue plus intense, une montée en tension. Pourtant, Erik Truffaz choisit presque systématiquement de revenir vers l'intime, comme s'il refusait toute démonstration expressive.
Cette retenue permanente finit par installer une certaine uniformité. La contemplation devient immobilité, l'atmosphère prend le pas sur la dramaturgie. Certains passages, notamment le thème dédié à son épouse, possèdent une sincérité évidente, mais leur caractère de berceuse laisse une impression de temps suspendu qui peine à renouveler l'écoute.
Le paradoxe de “Side by Side“ réside sans doute là : l'orchestre semble parfois disposer d'un potentiel émotionnel plus vaste que celui que le projet accepte réellement d'explorer. Là où l'on imaginait un dialogue, on assiste davantage à une coexistence. L'orchestre accompagne, enveloppe, soutient, sans jamais véritablement entrer dans un échange dramatique avec la trompette.
Cette approche séduira les amateurs d'une musique méditative, presque contemplative, où chaque note compte davantage que la virtuosité ou l'effet. D'autres pourront, en revanche, rester à distance de cette esthétique qui refuse le spectaculaire et les grands contrastes.
Il serait toutefois injuste de parler d'un concert raté. La qualité de l'interprétation ne souffre d'aucune contestation. La précision de l'orchestre, la finesse des arrangements et l'élégance du son de Truffaz témoignent d'une véritable exigence artistique. Mais l'émotion ne naît pas seulement de la beauté du son ; elle a aussi besoin de tension, de surprise, de respiration dramatique. C'est peut-être ce qui a manqué à cette création.
Au terme de la soirée, on ressort davantage admiratif du travail accompli que profondément bouleversé. “Side by Side“ est une œuvre cohérente, raffinée, mais qui choisit une voie si intérieure qu'elle finit parfois par tenir son auditeur à distance, là où l'on espérait être emporté.
jazzitutti

Erik Truffaz – Side by Side : la contemplation
comme parti pris, au risque de l'effacement...





Stefano Di Battista et son quartet : le lyrisme incandescent d'un maître du saxophone
Il suffit parfois de quelques mesures pour comprendre que l'on assiste à un grand moment de musique. Dès son entrée en scène, Stefano Di Battista impose cette présence à la fois élégante et chaleureuse qui caractérise les grands instrumentistes. Saxophone en main, le musicien italien entraîne immédiatement le public dans un univers où virtuosité, émotion et spontanéité se conjuguent avec une remarquable évidence.
Face à lui, les musiciens du quartet ne se contentent pas d'accompagner. Ils dialoguent, répondent, relancent constamment le discours musical proposé par Stefano Di Battista. Entouré d'un quartet d'une cohésion exemplaire, le saxophoniste déroule un répertoire qui alterne quelques compositions personnelles, clins d'œil à la tradition du jazz et influences italiennes plus précisément du Maestro Morricone comme il aime tant le nommer.
Mais pas que….
Il promène le son de la sérénade italienne passant de Nino Rota, à Paolo Conté, Roberto Benigni, Federico Fellini, … Puis tout à coup le temps s’arrête, et il explique au public que c’est l’anniversaire de sa fille et du coup le théâtre antique partage sa joie et son émotion en chantant un Joyeux anniversaire à sa fille de 18 ans qui fit une brève apparition sur scène pour embrasser son père ….
Questo è lo stile di vita italiano, tutti,
amici, partecipate





Le son de Stefano Di Battista demeure l'un des plus reconnaissables de la scène jazz. Tour à tour lumineux, profond, parfois presque vocal, son saxophone raconte autant qu'il joue la douceur de la Dolce Vita.
Le public ne s'y trompe pas. Très rapidement, une relation de confiance et de proximité s'installe entre les artistes et les spectateurs du théatre antique. Les applaudissements saluent autant la virtuosité que la générosité d'une prestation où chaque morceau semble être réinventé sous les yeux du public ravis, chantant les reprises et parfois dansant sur ces musiques immortelles.
Au-delà de la démonstration instrumentale, Stefano Di Battista confirme qu'il demeure avant tout un formidable raconteur d'histoires. Son jazz respire, chante, danse parfois, vie, aime, tout en conservant cette profondeur émotionnelle qui fait les grandes soirées de concert.
Stefano Di Battista a transporté le public français du theatre antique de l’autre coté des Alpes dans un véritable voyage musical, porté par l'un des saxophonistes majeurs de la scène jazz, partageant sa manière de vivre la Dolce Vita (titre de son dernier album).








2 0 2 6

Présentation du concert de la création
de Vincent Peirani par Chloé Cibert.
Vincent Peirani réinvente le conte d’Astrid Lindgren en fresque musicale
Cette année la création jeune public a été confié à Vincent Peirani, accueilli en résidence par Jazz à Vienne. Pour la petite histoire depuis le début de l'année les écoles impliquées dans cette collaboration musicale ont travaillé avec les enfants sur cette création proposé par Vincent Peirani inspiré de “Ronya fille de brigand“ écrit par Astrid Lindgren paru en 1981, traduit en français en 1984.
Pour ce projet Vincent Peirani réunis Julie Sicard secrétaire de la Comédie Française, Sanseverino le chanteur, le musicien, le comédien, l'inconditionnel de Django Reinhardt. Accompagné par Frédéric Gastard au saxophone baryton Matthias Mahler au trombone, Sylvain Bardiot à la trompette, Federico Casagrande à la guitare, Ziv Ravitz à la batterie, ainsi que deux choeurs, un des enfants des écoles, un second d'adultes.
Ce conte est un roman d'aventure dont le récit met en avant plusieurs thèmes majeurs comme la liberté face aux traditions familiales,la critique des rivalités, la découverte de soi par l’épreuve et la nature,l’amitié et la solidarité.
Quant à l'aspect musical mis en place par Vincent Peirani et ses brillants acolytes, (tous ce matin ont dû souffrir d'une chaleur intense).... cette fresque narrative et musicale s'inscrit dans une idée de transmission pour le jeune public présent, que va t-il retenir, de ce mélange de jazz, de théâtre musical, narratif, c'est la grande interrogation à l'issue de cette représentation très jeune public n'a peut-être pas perçu la qualité et l'exigence musicale de cette création de Vincent Peirani....
jazzitutti















2 0 2 6

Le festival Jazz à Vienne revient du 25 juin au 11 juillet 2026 pour sa 45ᵉ édition, confirmant son statut de l’un des plus grands rendez-vous européens dédiés au jazz et aux musiques associées. Pendant 17 jours, la ville de Vienne et son célèbre Théâtre Antique accueilleront 167 concerts, dont près des trois quarts en accès libre, mêlant grandes figures internationales et nouveaux talents.
La programmation 2026 illustre une ouverture stylistique fidèle à l’ADN du festival : jazz bien sûr, mais aussi soul, funk, hip-hop ou musiques du monde. Parmi les artistes annoncés figurent Stefano Di Battista, Erik Truffaz, Marcus Miller, Angélique Kidjo, Jon Batiste, Fatoumata Diawara, De La Soul ou encore Samara Joy, Beirut, offrant un panorama très large de la scène internationale actuelle.
Plusieurs nouveautés marquent cette édition 2026 par rapport à 2025. Le festival rend notamment un hommage particulier à Miles Davis, à l’occasion du centenaire de sa naissance, avec une soirée spéciale réunissant notamment Terence Blanchard et Ravi Coltrane.
L’événement développe également de nouvelles collaborations artistiques, dont un partenariat inédit avec le Festival international du film d’animation d’Annecy, qui inspire l’identité visuelle de l’édition 2026 et ouvre un dialogue entre musique improvisée et création visuelle.
Jazzitutti

Voici 3 propositions de soirées à ne pas laisser passer, ....bien sûr si vous êtes en vacances vous pouvez planter votre tente dans le jardin de la ville pour être sur place et ne rien louper des spectacles de Cybèle et du théâtre antique..... Après attention aux coups de chaud.... et aux interdictions.....
samedi 27 juin 2Oh3O



jeudi 2 juillet 2Oh3O

©Lina Gaisser
BEIRUT
mercredi 7 juillet 2Oh3O
De La Soul
Lakecia Benjamin

