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Les semaines suivants la fin du RhinoFestival  vous pourrez suivre des interviews d'artistes qui se sont produit(e)s sur les différentes scènes du festival....... 
Entretien avec Ludovic Chazalon
directeur artistique du Rhino Festival
Les 2 soirées d'ouverture avaient lieu entre Montrond les Bains et St Héand soit un grand écart géographique,  réussi pour le lancement de cette 48ème édition du RHINO FESTIVAL.
jazzitutti a choisi de vous faire vivre la soirée avec Etienne MBAPPÉ au Foreziales de Montrond-les-Bains.
Etienne MBAPPE
La basse comme une maison
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Etienne  MBAPPE
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Sur scène, sa basse ne cherche d’ailleurs pas constamment la lumière. Elle installe, soutient, enveloppe. Avant le concert, M’Bappé nous confie une image magnifique : « La basse, c’est la maison. » Une maison où les autres musiciens doivent pouvoir trouver refuge et sécurité. 

Derrière le bassiste immédiatement reconnaissable, il y a surtout un homme qui continue de chercher. Voyages, rencontres, couleurs, nourritures : tout finit par pénétrer son écriture. « Tant que je vivrai des choses, j’aurai envie de dire, de raconter. » 

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Il y a des musiciens qui jouent pour montrer ce qu’ils savent faire. Étienne M’Bappé semble plutôt jouer pour raconter ce qu’il a vécu. Avec Countryside, blues, folk, country et Afrique se rencontrent naturellement. Les frontières deviennent secondaires : ce qui compte, c’est l’histoire qui circule derrière les notes.

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Et puis il y a le Cameroun, celui qu’il dit « trimballer partout ». Arrivé en France à quatorze ans, M’Bappé ne choisit pas entre ses deux cultures : il les porte ensemble. Même dans une walking bass empruntant les codes du jazz américain affleurent les rythmes et les souvenirs de son enfance camerounaise. 

Countryside raconte aussi cette rencontre des mondes. De la folk américaine au blues du Mississippi, des musiques d’Afrique de l’Ouest à la country, M’Bappé entend partout des histoires, une mémoire et quelque chose qui se transmet. 

Le concert devient ainsi un voyage sans carte précise. Les paysages changent, mais le récit demeure. Et M’Bappé conserve ce rôle qu’il affectionne : tenir la maison tout en laissant les portes ouvertes.

Puis il chante pour nous quelques notes d’une ligne de basse. Elles l’emmènent vers le Mali, Tombouctou et une chanson dont il traduit ainsi le titre : « Ne pleure pas, rapproche-toi. »

Finalement, peut-être est-elle là, cette fameuse maison : une musique dans laquelle on peut entrer, écouter… et se rapprocher.

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Line Up
Etienne Mbappé bass vocal
Nicolas Viccaro batterie percussions
Philippe Desbois guitare violoncelle mandoline
Anthony Jambon guitare

 
A l'issue du festival jazzitutti vous proposera
l'interview de Etienne Mbappé.
THOMAS KHAN
Debout, plus que jamais
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Il y a des artistes que l’on écoute et d’autres que l’on regarde autant qu’on les écoute. Thomas Kahn appartient à cette seconde famille. Sur scène, difficile de détourner les yeux : il chante avec le corps entier, habite chaque silence, chaque tension, chaque montée. Rien ne semble décoratif. Chez lui, la soul n’est pas seulement une couleur musicale, elle devient une manière d’être sur scène.

Cette intensité prend un relief particulier lorsque l’on connaît le chemin parcouru. Après This Is Real en 2022 et une tournée de quelque soixante-dix dates, Thomas Kahn voit sa voix céder. Une opération des cordes vocales en septembre 2024 est suivie d’une longue période de silence et de rééducation.

Alors forcément, le voir aujourd’hui chanter avec une telle énergie change le regard. Son nouvel album, Undertones, sorti en le 25 septembre, n’a rien d’un simple retour discographique. Il porte les traces de cette reconstruction. Thomas Kahn y retrouve les fondations de sa soul : rythmiques puissantes, basses profondes, guitares et orgue Hammond, avec huit titres enregistrés en live session à Abbey Road, les puristes comprendront...

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Sur scène, pourtant, pas question de raconter une convalescence. Thomas Kahn est debout. Sa voix peut se faire rugueuse, profonde, presque déchirée, puis retrouver soudain davantage de retenue. Il ne cherche pas seulement la belle note : il cherche ce qu’elle peut provoquer.

On pense évidemment aux grandes voix de la soul américaine. Otis Redding, Al Green ou Charles Bradley font partie des références qu’il revendique, mais Thomas Kahn ne donne jamais l’impression de vouloir rejouer un âge d’or. Il prend cet héritage et l’amène vers quelque chose de plus personnel, nourri aussi de rock et de reggae.

C’est probablement ce qui frappe le plus dans ce concert : l’engagement. Celui d’un chanteur qui semble désormais connaître le prix d’une voix et qui, lorsqu’il la retrouve devant un public, ne veut plus en gaspiller une miette. 

Mais cela ne lui suffit pas. Il veut tellement partager ce souffle, cette puissance émotionnelle, qu’il quitte la scène et se jette littéralement dans son public. Le voilà au milieu de la foule, rejoint par sa section de cuivres. La distance entre la scène et la salle disparaît. Pendant quelques instants, il n’y a plus un artiste d’un côté et un public de l’autre : il y a un moment intense, généreux, presque physique, vécu ensemble.

Undertones marque un nouveau chapitre. Mais sur scène, Thomas Kahn ne donne pas l’impression de recommencer.

Il donne plutôt celle d’être revenu en sachant exactement pourquoi il chante.

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TANKUS
Le désordre parfaitement organisé

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Il y a quelque chose de délicieusement incontrôlable chez Tankus. Un joyeux désordre où rock, jazz et punk se télescopent, emportés par une énergie qui ne semble jamais vouloir retomber. Pourtant, derrière cette apparente anarchie, tout est beaucoup plus maîtrisé qu’il n’y paraît.

 

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Au centre de cette drôle de machine, Jaz Delorean. Nous l’avions rencontré et interviewé il y a deux ans. Sur scène, le chanteur-leader confirme qu’il est surtout un pianiste hors pair. Son piano droit articulé devient presque un membre supplémentaire du groupe. Jaz le malmène, le fait basculer à certains moments, joue avec son équilibre comme il joue avec celui de sa musique : toujours à la limite, jamais vraiment en danger.
Autour de lui, Tankus ne fait pas exactement dans la retenue. La section de cuivres participe pleinement à cette folie organisée. Russell Evans, trombone en main, finira même au sol sans pour autant cesser de jouer. Une image qui résume assez bien le concert : chez Tankus, le spectacle ne vient pas se poser sur la musique, il naît de la musique.
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Chez Tankus, le rock percute le jazz, les cuivres chauffent la salle, le punk n’est jamais très loin et le piano de Jaz Delorean semble prêt à quitter le sol.

Alors le public danse. Et lorsque le concert devrait logiquement s’arrêter, il refuse manifestement de laisser partir le groupe.

Un rappel. Puis un autre. Puis un troisième.

Trois rappels pour un joyeux désordre qui, décidément, avait mis tout le monde d’accord.

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À la basse, Dan Hipkin nous évoque par moments Donald “Duck” Dunn : cette manière de tenir solidement la baraque pendant que tout semble s’agiter autour de lui. Car ils ont beau paraître débraillés, anarchiques, presque imprévisibles, Jaz Delorean peut aussi, soudain, se révéler un grand romantique, ces musiciens savent parfaitement où ils vont.

On pourrait penser parfois à l’esprit des Pogues, moins par filiation musicale que pour cette façon très britannique de transformer un savant mélange en fête populaire.

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BRASSENS le cubain
Quand Brassens se met à danser

Le pari pouvait sembler risqué : prendre les chansons de Georges Brassens, en conserver les mots, l’esprit et cette liberté qui les rendent immédiatement reconnaissables, tout en les faisant voyager jusqu’à Cuba. Pourtant, dès les premières mesures de “Les Passantes“, le doute disparaît. Brassens est toujours là. Seulement, cette fois, il danse.

La voix grave de Ricky-James Fotso Guifo s’installe naturellement. Présente lorsqu’il le faut, elle sait aussi se faire plus discrète pour laisser respirer les mots et l’orchestre. Car Ricky-James ne cherche jamais à imiter Brassens. Il interprète ses textes avec sa propre personnalité, tandis que les musiciens leur construisent un nouvel environnement sonore.

Autour de lui, un octet particulièrement affûté donne toute sa dimension au projet. Les deux percussionnistes cubains installent naturellement cette pulsation venue de La Havane, tandis que la section de cuivres, emmenée par Michel Goutagny, se montre omniprésente. Incisive sans jamais perdre son caractère mélodieux, elle donne aux arrangements cette couleur des orchestres cubains où la musique semble constamment appeler le mouvement.

Et c’est probablement là que réside toute la réussite de Brassens le Cubain : avoir su garder l’essence de Brassens tout en le faisant danser avec le « son » de Cuba. On reconnaît les chansons, leurs mots et leur esprit, mais elles prennent soudain un autre corps, une autre respiration, parfois même une nouvelle sensualité.

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Parmi les beaux moments du concert, Gastibelza occupe une place particulière. Ricky-James livre une magnifique interprétation de ce poème de Victor Hugo que Brassens avait lui-même mis en musique. Jolie mise en abyme finalement : Brassens faisait voyager les mots d’un autre, et voilà qu’à son tour sa musique entreprend un nouveau voyage.

À mi-parcours, Ricky-James s’autorise même une escapade hors de l’univers de Brassens avec “Don’t Worry, Be Happy“ de Bobby McFerrin. Une parenthèse légère qui n’est finalement pas si éloignée de l’atmosphère de la soirée. Pour la petite histoire, le titre s’inspire d’une expression rendue célèbre par le maître spirituel indien Meher Baba : Don’t worry, be happy. Difficile de trouver meilleure devise à cet instant du concert.

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Car le public, justement, était heureux. Heureux de chanter ensemble ces chansons immortelles de Brassens, heureux aussi de les redécouvrir autrement. Et c’est peut-être la plus belle réussite du projet : ce n’est ni tout à fait Brassens, ni simplement un concert de salsa. C’est la rencontre de deux mondes qui, le temps d’une soirée, semblent avoir toujours été faits pour s’entendre.

S’il fallait émettre un seul regret, nous aurions volontiers inversé les deux rappels pour laisser Les Copains d’abordr efermer véritablement la soirée. Après un tel concert, quoi de plus évident que de terminer tous ensemble sur cette chanson ?

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