
24-25-26 avril

Welcome in Tziganie 2026 : virtuosité et engagement au cœur des musiques balkaniques
À Seissan, le festival Welcome in Tziganie a une nouvelle fois transformé, du 24 au 26 avril 2026, le paysage rural gersois en carrefour des cultures tziganes et balkaniques. Pour sa 19e édition, l’événement confirme sa ligne artistique : conjuguer exigence musicale et message culturel fort.
Sur scène, la virtuosité s’impose comme fil conducteur. Le groupe Les Yeux Noirs, accompagné notamment du violoniste Norig et du guitariste Sébastien Giniaux, illustre cette maîtrise technique. Le jeu de Norig, précis et incisif, s’inscrit dans la grande tradition des violonistes roms, alternant envolées rapides et phrasés expressifs. À la guitare, Giniaux déploie une palette riche, mêlant swing manouche, improvisation jazz et influences flamencas, avec une aisance remarquable dans les variations rythmiques. Il enflamme l’arène de Seissan. Leur performance témoigne d’un ancrage profond dans les traditions, tout en laissant place à une liberté d’interprétation contemporaine. Roby Lakatos violoniste virtuose d’origine hongroise, est l’héritier d’une prestigieuse lignée de musiciens tziganes.
Son jeu se distingue par une technique exceptionnelle, mêlant précision, rapidité et grande expressivité.
Il navigue entre musique classique, traditions roms et improvisation jazz, créant un style unique souvent qualifié de “fusion tzigane”.
Son concert fut intense, et impressionnant par sa capacité à revisiter les œuvres avec liberté et créativité.
Son parcours international en fait l’une des figures majeures du violon tzigane contemporain.
Dans un registre différent, Soviet Suprem, très attendu par le public, impose une esthétique plus frontale. Le duo mêle beats électroniques, fanfares balkaniques et hip-hop dans une construction musicale volontairement hybride. Derrière cette énergie festive, leur projet porte un discours engagé, oscillant entre satire politique et critique sociale. Leur univers scénique, à la fois théâtral et ironique, détourne les codes de la propagande pour mieux interroger les identités culturelles et les tensions contemporaines.
Figure majeure de cette édition, Goran Bregović a, quant à lui, offert une synthèse spectaculaire de ces influences. Fidèle à son style, il combine orchestration sophistiquée, polyphonies balkaniques et puissance des cuivres, démontrant une science de l’arrangement qui fait dialoguer tradition et modernité, son concert a duré 2 heures d’une intensité incroyable.
Cette année le beau temps et le public venu en très grand nombre a permis au festival de vivre intensément ces 3 jours de partage d’une musique vivante.
Au-delà des performances, le festival maintient son ambition : faire de la musique un vecteur de transmission et de compréhension des cultures tziganes. Le “village off”, accessible gratuitement, prolonge cette démarche avec rencontres, débats et propositions artistiques variées.
En mettant en avant des musiciens à la fois virtuoses et porteurs de sens, Welcome in Tziganie 2026 confirme que la technique, loin d’être une fin en soi, devient ici un langage au service d’une mémoire et d’un message.